Shabbat shalom les mecs !

(et n’oubliez pas d’aller faire du shopping pour être tranquilles demain, le Jour du Seigneur)(merci pour Lui).

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[Top 5 des techniques de drague labellisées 100% échec] #2 Utiliser une personne homosexuelle pour tromper la victime

Si vous ne possédez pas de meilleur ami gay (c’est à dire si vous n’êtes pas une parisienne branchée fringuée chez the Kooples et qui trouve que la meilleure chose du monde c’est un brunch en toute simplicité chez Jeannette), rassurez-vous, tout n’est pas perdu pour autant. Vous pouvez faire comme moi et emprunter le meilleur ami homo de votre ex petit-ami : ça marche aussi très bien, et tout ce que vous risquez c’est vous fâcher un peu plus avec votre ex (selon un sondage Ipsos-Terranova-CarrefourMarket, 78% des personnes interrogées considèrent cela comme “une bonne chose, who cares about ex boyfriends anyway”).

Le meilleur ami gay, mis à part le fait qu’il aime bien les habits (oui, même ceux des filles) et qu’il est très à la mode depuis que les clichés du cinéma de l’Amérique en ont fait un être sensible et cultivé à tendance légèrement hystérique (mais une hystérie sympa), a l’immense avantage de se présenter sous forme de garçon (même si objectivement il lui manque souvent quelques poils).

Il sert donc principalement d’appareil à rendre jaloux (c’est à partir du moment où vous vous dites ça que la stratégie de l’échec s’enclanche – prenez des notes). Personnellement, je l’invite à une soirée (mettons, un repas au restaurant) où il y a des gens et la cible problématique. Une fois l’environnement apprivoisé et les acteurs en place, tout est assez simple : j’ignore copieusement ma cible pour m’addresser exclusivement à mon nouveau meilleur ami gay, en orientant la conversation sur des sujets assez subtils, de façon à ce que la tablée au grand complet s’imagine sans équivoque que je l’invite à aller jouer au docteur entre le plat principal et le dessert.

Ainsi, je fais d’une pierre deux coups : je décourage rapidement la cible (! Fun Fact ! Le saviez-vous ? Contrairement à ce que les frangins Grimm et autres gredins de Perrault ont bien voulu nous faire croire, les garçons ne se battent pas pour une fille : quand ils pensent avoir un tant soit peu de concurrence, ils lâchent l’affaire)(si) et pour le même tarif je passe pour une connasse sans éducation.

Cette technique est à la fois pathétique et ringarde, elle est donc garantie 100% échec.

(De rien).

Le conseil qui fait la différence :
Demandez au meilleur ami gay en location de vous tripoter régulièrement en vous appelant ma chérie*. Le cas échéant, il est recommandé de s’échanger des textos faussement cul en laissant l’iphone sur la table, bien à la vue de tous, histoire de ne plus laisser aucun doute quant à vos intentions. Qui dit mieux.

*(attention ! pas le ma chérie cette robe est splendide des journées shopping, plutôt le ma chérie copyright Roméo Casanova Di Caprio, this kind of ma chérie stuff)
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[Top 5 des techniques de drague labellisées 100% échec] #1 Flirter en clavardant

Alors oui, je vous vois venir comme quoi merci bien vous n’avez pas besoin de moi pour savoir que sur l’échelle de Richter du pathos, draguer sur Gougueul tauque et sur le club de clavardage de facebook, c’est plutôt pas mal ranké – mais généralement les gens sous-estiment le pouvoir de nuisance d’un tel comportement (ne me dites pas que vous n’avez jamais dragué sur MSN : ceci est scientifiquement impossible si vous êtes né au XXe siècle et que vous avez été en contact plus de trois fois avec un ordinateur électronique ces dix dernières années).

Et bien, il n’y a rien de plus efficace qu’une bonne conversation par claviers interposés pour avoir l’air d’une énorme gogole qui n’a rien à dire - ni rien d’autre à foutre que de harceler sa cible. Je recommande donc fortement cette méthode qui est un excellent moyen de démarrer une relation immature et insidieuse, laquelle vous donnera assez rapidos l’impression d’être une adolescente à deux doigts de la scarification dans le cas où votre cible met plus de 30sec à répondre à votre kikoo ça va, lol ?.

En ce qui me concerne, dès que je sens que je suis un peu en danger, rapport au fait que je me rapproche un peu trop d’un être humain (masculin), une bonne petite séance de clavardage sur l’ami Gougueul tauque (entre nous, je fais peu d’usage de la fonction messagerie instantanée de Facebook, en grande partie parce qu’on ne peut pas faire semblant de ne pas être en ligne) et normalement cela suffit pour me faire passer pour une attardée mentale dénuée de tout sex appeal whasoever. En vraie pro, je ne manque jamais de mentionner des détails dont tout le monde se fout (même ma mère), du type ce que je suis en train de faire (souvent, des choses très intéressantes en rapport avec l’Internet mondial ou le travail lucratif), ce que j’ai mangé à midi et comment je compterais réduire la fracture sociale si jamais on me le demandait (c’est à ce moment là qu’il faut avoir l’air intelligent sans se faire griller parce qu’on a tout pompé les idées sur liberation.fr*)(je suis de gauche mais ce n’est pas pour ça que mes amis sont des punks à chiens bretons et que je suis une putain de citoyenne du monde qui refuse de faire des blagues sur les juifs, les arabes et ta mère).

*si liberation.fr a des bonnes idées, c’est un autre débat (je vais réfléchir à ce problème).

Bref, le clavardage du flirt sexuel, c’est garanti 100% échec.

(De rien).

Le petit conseil qui fait la différence :
N’hésitez surtout pas à faire un usage massif des smileys (surtout celui qui personnellement me psychose le plus : le coup du clin d’oeil – je ne sais pas vous, mais moi c’est tout bonnement impossible de considérer sérieusement une personne de plus de douze ans qui utilise la ponctuation pour m’envoyer un signe grivois).

Demain, je vous dirai pourquoi ce n’est pas non plus une bonne idée d’utiliser son meilleur ami gay pour draguer sa cible.

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On me pose énormément de questions sur comment est-ce je fais pour réussir à rester célibataire avec autant de succès

(sans me vanter, je suis très forte pour contourner toutes les embûches qui, si on ne les évite pas soigneusement, peuvent mener à terme à qualifier de “relation” des contacts répétés avec un garçon).

Je sais que ça semble hors de portée à première vue, mais rassurez-vous, ce n’est qu’une question d’entraînement – même moi il m’est arrivé d’avoir des petits amis ! Toutefois,  maintenant ça va mieux, et <message d’espoir> si moi je peux le faire, vous le pouvez aussi </message d’espoir>.

Comme j’ai l’impression qu’il y a beaucoup de bonnasses parmi vous qui ont beaucoup de mal à sortir du cercle infernal du couple et toussa, je vais vous faire gagner du temps en vous confiant une partie de mon secret (réjouissez-vous les garçons, ça marche aussi pour vous !).

Cette recette miracle repose sur un postulat de départ assez basique qui consiste à dire que le plus simple pour ne pas tomber par mégarde en plein dans une relation (et BIM), c’est encore d’être certain de se prendre un bon gros râteau des familles lorsque l’on se trouve malgré nous dans une situation de drague incontournable (je parle pour les beaux – les moches n’ont pas ce problème, chacun sa croix). Cette situation est malheureusement plutôt répandue si, comme moi, vous aimez sortir et rencontrer des gens (voire vous amuser).

Alors pour vous et en exclusivité mondiale, j’ai fait mon top 5 des techniques de drague avec lesquelles vous ne prendrez aucun risque : elles ont toutes été testées (ou subies) et absolument non-approuvées par moi-même. C’est absolument garantit 100% échec.

(Mais je commencerai demain parce que là je dois aller acheter du tissus avec des petits éléphants dessus).

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Pour être totalement honnête, ces derniers temps je ne me tue pas à la tâche

(c’est parce que j’ai beaucoup donné au Grand Capital en décembre, alors j’y vais un peu mollo sur les questions de faire des slides à gogo).

Pour me donner bonne conscience, je fais des choses qui relèvent du domaine de l’administratif (pour ceux qui prennent en cours de route, comme j’ai eu l’occasion de le mentionner par ailleurs, cette catégorie est plutôt très vaste). Dernièrement j’ai décidé que par exemple, ce serait pas mal pratique d’arrêter de payer tout en double (les assurances maladies, les impôts, toussa), et donc que j’allais être une bonne citoyenne schleue avec une société de statut schleue. Au lieu d’avoir un statut de type un peu auto-entrepreneur, un peu SARL (un beau merdier, en somme), j’ai pensé que j’allais enregistrer ma société (composée uniquement de moi-même car je privilégie à gogo la qualité)(quand j’aurai un esclave stagiaire ce sera la consécration) au Gewerbeamt de la marie. C’est ici (moi aussi je trouve ça très accueillant) :

ça c'est la mairie de Mitte (c'est un quartier, pour tous les ignorants)

Autant dire que je me réjouissais d’avance en me disant que ça allait être grave l’enfer et que j’allais bien pouvoir bitcher sur comment c’est compliqué l’administration en Allemagne. J’étais à peu près sûre que j’allais être en galère pendant environ huit heures dans des tas de bureaux, avec des tas de tampons, des tas de secrétaires très bêtes et des tas de choses qu’on allait me demander et je ne saurais même pas de quoi on me parle (à vrai dire c’est une situation assez courante de ma vie administrative, qui est une sorte de vie parallèle et obligatoire).

Mais ce qui s’est passé, c’est que je me suis pointée dans le hall, j’ai demandé où c’est qu’on peut enregistrer sa société, le monsieur de l’accueil m’a dit bureau 407, 4e étage (logique), c’est par là l’ascenseur. On m’a remis un numéro de passage, et j’ai attendu environ trois minutes et demie. Dans le bureau 407, la dame elle m’a dit alors c’est quoi comme société. Moi je déteste toujours expliquer parce que les gens ne comprennent jamais et que je finis toujours par avoir l’air de faire un truc chiant (alors que non) – mais là j’ai fait une phrase, elle a fait ah oui très bien parfait, ça fera vingt-quatre euros pour les frais, tenez voici votre numéro de société et merci bonsoir.

Si je voulais vraiment être une connasse je ferais comme quoi LOL, dans le bureau ils n’ont pas l’air d’être très à l’aise avec le matériel informatique et la modernité de manière générale parce qu’aux murs il y avait des dossiers qui pendaient depuis certainement 1984. Mais l’amour de la justice et de l’équité me fait admettre que je n’ai jamais vu des gens de la fonction publique être aussi efficace.

Mais sur ce coup-là j’ai beau chercher, je n’arrive pas trop à leur reprocher des choses, à part peut-être le port abusif de cols roulés (ce qui est grave, vous en conviendrez, mais qui n’engage pas le pronostic vital de mon business).

Bref, j’ai fait des choses de l’administratif en Allemagne.

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J’ai pas mal de retard au niveau de raconter ma vie sur l’Internet mondial.

Ca ne serait pas très grave s’il ne s’était pas passé des tas de trucs très intéressants, comme par exemple quand j’ai découvert que mon ordinateur fonctionnerait beaucoup mieux si je lui rajoutais deux barrettes de ram (et laissez-moi vous dire que je n’ai pas hésité trop longtemps à sauter le pas, surtout à partir du moment où j’ai compris que cette solution me permettrait d’ouvrir excel et powerpoint en même temps – sans avoir l’impression de déclencher une coupure de courant dans tout Kreuzberg).

Donc bon, je me suis un peu réconciliée avec mon iBook (mais rassurez-vous je pense toujours qu’Itunes c’est de la merde et que les gens d’Apple c’est rien qu’une collection de vautours prêts à nous vendre du design au prix d’une année de main d’oeuvre enfantine laotienne).

Je me suis aussi pas mal réconciliée avec les gens de Comptoir des Cotonniers (figurez-vous que je déteste cette enseigne, mais je n’ai pas trop le temps d’expliquer maintenant pourquoi – ce serait beaucoup trop long) depuis que dans leur boutique de la Friedrichstrasse (attention, bon plan) ils ont donné du travail à une personne qui a clairement raté huit fois son examen d’arithmétique (à la fin ils lui ont dit bon c’est pas grave, comme quoi elle n’aura qu’à travailler chez Standard&Poor) et qui calcule cinquante pour cent de réduction sur le prix déjà discounté. Oui, c’est pas mal une bonne surprise à la caisse; et oui, j’ai résisté à la tentation de lui montrer que je savais diviser par deux (de tête).

(Et après qu’on ne vienne pas me dire que sur le blogue il n’y a jamais des bons plans pour les habits et les choses d’importance, comme tous les autres blogues de filles).

Enfin, j’ai découvert que les Kinder chocolats c’était bon pour la santé (surtout pour les problèmes de cancers de la prostate) et l’environnement (surtout pour les phoques), voire comme quoi ça aide à combler la dette de la Grèce (si).

Donc oué, ça va plutôt pas mal.

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J’ai lu un portrait-robot de l’homme idéal dans un magazine pour les filles (“Brigitte” – oui, comme ta mère)

(Pour dessiner des bonshommes comme ça il faut aller ICI – NB : si vous êtes chômeur ne cliquez pas. Après vous n’aurez même plus le temps pour faire vos déclarations mensuelles au Pôle Emploi, vous seriez radié des allocations, du coup vous ne mangerez plus que des pâtes au thon, vous deviendrez gros et plus personne ne voudra coucher avec vous)
  1. Il est brun ✔
  2. Il a les yeux bleus ✔
  3. Il est architecte ✔
  4. Il a une barbe de trois jours et les cheveux un peu longs mais pas trop ✔
  5. Il aime bien les trucs de pédés culturels comme l’opéra et le théâtre (si) ✔
  6. Il pense qu’être de gauche c’est bien mais qu’être de droite éventuellement c’est pas mal non plus (bref, il n’a pas d’opinion whatsoever vote Bayrou) ✔
  7. Il a des habits de type noeud papillon et pantalon en velours côtelé, et globalement il ressemble à une affiche de réclame pour un film de la New Wave  ✔
  8. Sa passion dans la vie c’est des choses du genre la photographie, la plongée sous-marine ou l’engagement auprès des enfants noirs ✔
  9. Plus tard il veut deux enfants et un chien ✔
  10. Et il habite tout seul dans un appartement tellement bien rangé qu’on dirait chez ta mère ✔

D’après Brigitte ce portrait-robot a été effectué en étudiant les réponses d’un panel féminin “représentatif” (et Dieu sait qu’on peut faire confiance aux magazines féminins pour monter un protocole statistique scientifique fiable dès qu’il s’agit de parler de garçons et de crèmes anti-cellulite).

La conclusion de cet enseignement c’est que je devrais mettre le numéro de mon Ex aux enchères, devenir riche à millions et me payer des gigolos le restant de mes jours.

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Ces derniers temps, je n’ai jamais fait autant de sport

(c’est à dire, de mon plein gré - parce que par exemple entre deux ans et demi et dix huit j’en faisais à gogo, mais c’est parce que mes parents m’obligeaient). J’essaye pas mal de trucs : des fois ça me plait (courir longtemps sur un vélo elliptique en regardant la tévé du club de gym) et des fois je ne sais pas trop.

Comme l’autre jour par exemple, où j’avais décidé que je voulais faire de l’aquacycling (un sport très fin aux règles très complexes : il s’agit de pédaler sur un vélo d’appartement, mais dans un bassin chaud comme de l’urine de porc). Ma mère m’avait bien dit comme quoi tout ce qui était activité de sport dans l’eau (à part faire des longueurs en lousedé), c’était souvent pour les personnes grosses et vieilles, mais je ne peux pas toujours écouter ma mère si je veux être une vraie rebelle, alors j’avais pris un rendez-vous pour participer à un cours (les schleus aiment beaucoup les enregistrements, dans ce pays tu peux faire des anmeldung pour à peu près tout)(si).

Quand je suis arrivée à la piscine, tout le monde était déjà là (je n’aime pas les clichés, mais les schleus sont vraiment très ponctualité).

On ne va pas se mentir : quand on va à la piscine on passe beaucoup de temps à identifier les personnes qui ont un plus gros cul que le nôtre – et là je me suis tout de suite sentie au top puisqu’un coup d’oeil circulaire m’a permis de constater que j’étais plus bonnasse que tout le monde (mais étant donné que ma mère avait raison au sujet du type de population drainée par un cours d’aquacycling, je n’en retire pas beaucoup de gloire).

Pour être honnête, je n’ai pas détesté. C’était même plutôt rigolo et toussa, mais ce n’était pas les 45 minutes  de working out à gogo du squash – d’ailleurs comment faire confiance à un sport dans lequel même le prof a l’air d’être moins bien gaulé que toi ?

A la fin de l’entrainement, les dames elles m’ont fait alors ça t’a plu, tu vas revenir ? Moi j’ai menti (je mens toujours aux étrangers, c’est un principe), et j’ai dit que oui c’était vraiment un chouette sport, et que j’allais sûrement revenir (je ne vais jamais revenir). Un peu comme si j’avais peur de les décevoir si je leur annonçais (après 45 minutes de relation) que je ne les gratifierais plus jamais de ma présence.

Donc en gros je mens à des inconnus parce que je suis trop prétentieuse.

Un cours d’aquacycling = dix scéances de psy. Je vous le recommande.

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Ca, c’est le 500e poste du blogue.

Si un jour on arrive à 5000, je promets de mettre une photo de ta mère en slip devant prisu, ainsi que mon nom, mon adresse et le numéro de téléphone de portable de ma secrétaire (je serai bientôt très riche).

D’ici là, ça fait quand même beaucoup de choses de ma vie dévoilées sur l’Internet mondial (mais ça va, ça ne me dérange pas trop).

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Tandis que le suspense est insoutenable concernant ce logis que j’ai visité hier

et que tous les Internets sont suspendus à la décision de la Hausverwaltung, figurez-vous que la vie continue (si).

Et donc terme de vie, j’étais plutôt high sur l’échelle du kif puisque quelques minutes après que j’ai visité le deux-pièces le plus dingo de l’histoire de l’immobilier locatif (croyez-le ou non, le balcon a une vue directe sur ma bibliothèque préférée – moi j’appelle ça le destin), j’ai reçu ce coup de fil d’un garçon dont je pensais que son activité principale (et limite lucrative) dans la vie c’était m’ignorer, m’ignorer, et n’en avoir absolument rien à foutre de moi.

Du coup j’ai pensé qu’il m’appelait parce qu’il avait besoin d’un truc (entre nous je ne vois pas quel type de service je peux rendre à quiconque, d’ailleurs si j’étais quelqu’un d’autre que moi, j’éviterais à tout prix d’avoir à me demander un truc surtout si c’est important – sauf si ça concerne les choses de yiddish, ça je suis assez forte). Contre toute attente, il n’avait besoin de rien, et même pas d’une chose de yiddish (aussi étonnant que ça puisse paraître, il y a des gens différents de vous et moi, des gens pensent qu’on peut vivre sans avoir lu Isaac Bashevis Singer dans le texte)(LOL !).

En fait, il m’appelait juste comme ça pour dire comme quoi c’était sympa ses vacances et qu’il était rentré et que malheureusement il ne pourrait pas venir se la coller dîner samedi soir avec l’équipe de foot et moi, mais qu’on aurait qu’à se voir un autre jour et que ce serait vachement sympa.

Une personne normale dotée d’une paire de seins aurait dit que ah ça oui avec plaisir lundi prochain ce serait trobien, elle aurait raccroché, orgasmé dans la rue et appelé sa meilleure copine pour lui raconter.

Moi j’ai dit d’accord pourquoi pas la semaine prochaine en pensant c’est trop tard maintenant.

Je ne vois pas tellement de solution à mon cas (je vais réfléchir à ce problème).

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Demain matin je visite un appartement de la Karl-Marx Allee :

autant dire que loger dans ce type de bâtit, c’est un peu le rêve de ma vie (je suis le genre de personne qui trouve que les grosses barres des banlieues russes ont pas mal de charme et qui planifie des vacances en Pologne).

Je crois que je ne vais pas réussir à dormir – à vrai dire j’ai l’impression d’être une petite dinde de 13 ans qui aurait des tickets pour le concert privé de David Charvet.

Histoire d’être au top je crois que je vais y aller avec un blouson de ski bordeaux et gris fabriqué en ex-RDA et un transistor russe dissimulant un jambon pour soudoyer l’agent immobilier.

….

Hihihiiiiiiiiiiiiiiiiii.

Si un jour je peux vivre ici je pourrai mourir en paix

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Je me suis battue dans le métro (si)

Ca ne m’était pas arrivé depuis la 5è, la fois où Michaël de 3e5 m’avait regardée dans les yeux en me disant que ma mère c’était une pute. A l’époque je m’étais un peu battue pour l’honneur parce qu’entre nous, je n’avais aucune chance et une paire de lunettes (si vous aussi en 5è vous étiez moche, tapez 1).

D’habitude je ne suis pas du type belliqueux (à vrai dire je suis plutôt du type j’en ai rien à branler), mais il y avait ce type dans le wagon, une dame l’avait interpellé pour qu’il arrête de lui souffler sa fumée de clope au visage et qu’éventuellement il l’éteigne (vu qu’en plus, ce n’est pas tellement permis de fumer dans le métro). Il lui a répondu quelque chose d’assez distingué sur l’échelle de Richter de la classe américaine avant de mimer un coït animal et aviné.

J’étais assise à côté de la dame, et j’ai marmonné avec les gens que oui ça c’est vrai, ce serait bien qu’il éteigne sa clope et qu’il ferme sa gueule. Comme il ne le faisait pas, je lui ai dit, mec tu veux que je t’aide à descendre et comme quoi j’avais de l’asthme et que ça me dérangeait. Il m’a dit un truc j’ai rien compris mais ça voulait dire que si je continuais, j’avais beau être une fille il allait me casser la gueule. Il s’est levé, il a sorti son paquet de clopes et il en a allumé une sous mon nez (comme un vrai provocateur bien courageux) et là ça m’a cassé les couilles. Je me suis levée aussi, les portes du métro se sont ouvertes, et je l’ai pris par le bras avec l’idée très conne ambitieuse de le pousser hors du wagon. Il était trop grand et trop gros alors ça n’a pas très bien marché, il m’a poussé, je suis tombée, un mec est venu à ma rescousse pour le taper, je me suis relevée, je l’ai tapé, il m’a tapée, le mec l’a tapé, on est arrivé à une autre station, et quand les portes se sont ouvertes il a trébuché et ce con s’est coincé le pied entre le wagon et le quai (quel bouffon).

Du coup la sécurité est venue, et puis la police est venue, et ça a fait des tas d’histoires et j’ai été obligée d’aller faire une déposition au commissariat comme quoi je m’étais battue (mais c’est pas moi qui a commencé).

Le policier -qui était un gentil garçon- m’a dit que la prochaine fois je ferais mieux de faire de la délation au lieu d’essayer de régler les problèmes (c’est ce que font les schleus, généralement). Et puis il a fait bon, ça ira pour cette fois, et qu’il espérait qu’il ne m’avait pas fait trop mal.

Pour être honnête il m’a fait un peu mal, mais j’ai fait peuh ! mal ? LOL.

Bref, si un jour je n’ai plus de travail, je pourrais toujours rejoindre un gang de lascards et rendre la justice dans des quartiers mal famés.

ps : j’ai complètement oublié de me la péter parce que je sais dire ferme ta gueule en allemand (Monsieur Leforestier mon professeur de lycée serait tellement fier de moi).

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D’habitude, j’essaye d’être plutôt bonnasse quand je vais à la gym :

d’abord parce qu’à la gym il n’y a que des mannequins suédoises de dix-huit ans et que c’est déjà assez facile comme ça d’avoir l’air d’une énorme dinde en yogging, et ensuite parce que la gym c’est à côté de chez moi et on ne sait jamais qui je peux croiser.

Mais hier j’ai péché par flemmardise : j’étais déjà en petite culotte au milieu des vestiaires et übermotivée pour aller au yoga (j’ai décidé de redonner sa chance à cette activité car Cécile m’en dit beaucoup de bien – et vu comme cette femme est gaulée, j’ai tendance à prendre son avis très au sérieux), quand je me suis rendue compte que j’avais tout simplement oublié mon yogging (le beau, pas le violet).

J’ai hésité entre lâcher l’affaire (mais ces derniers temps je ne peux pas trop faire l’impasse sur le sport si je veux avoir l’air d’être humaine), retourner chercher le yogging chez moi (mais ça m’a fatigué d’avance), faire du yoga en string et garder mes habits. Autant vous dire que mes chaussures de tennis étaient du plus bel effet avec mon pantalon en velours rouge pattes d’éléphant (cet article est un problème, je suis d’accord).

Quand je suis arrivée au cours attifée comme une clodo, je suis tombée nez à nez avec le type qui va toujours boire des coups au Goldberg, que j’appelle secrètement (c’est à dire secrètement à moi-même) Jean-Michel Canon. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, j’avais bien pris soin de faire l’impasse sur les cheveux propres et les lentilles de contact.

Bref, je n’avais pas oubliée d’être moche.

Mesdames, je vous confirme un truc : inner beauty won’t get you laid.

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L’autre jour Cécile me fait ohlala j’ai trop oublié de te raconter

ma discussion avec une bobo véritable au sujet de l’immobilier à Berlin.

Ca tombait bien parce que l’immobilier à Berlin c’est ma nouvelle passion, avec celle qui consiste à attendre Victor parce qu’il est toujours en retard (Victor c’est grâce à lui que j’ai rencontré les copains de l’équipe de foot qui sont drôlement sympas; c’est un sale citoyen du monde mais je lui pardonne parce qu’il ne joue pas encore de djambé).

Comme la discussion en question avait pignon sur Facebook (Cécile est une femme de grande modernité) mais que j’avais de la difficulté à stalker le profil de la personne impliquée dans l’affaire, Cécile m’a fait un bon copier coller des familles pour qu’on puisse rigoler ensemble. Pour résumer la situation, le sujet tournait autour des artistes à Berlin, comme quoi ils étaient malheureux parce que c’était de plus en plus dur de trouver des ateliers pas cher pour faire des sculptures en rouleaux de PQ révolutionner la pensée moderne et éveiller les consciences.

La fille et Cécile étaient toutes les deux d’accord pour dire que c’était triste (c’est vrai que c’est triste). Et puis la fille expliquait que tout ça, c’était la faute au capitalisme et à la spéculation sur les biens de première nécessité qui faisaient monter les prix à gogo et après les braves gens ne pouvaient pas vivre en paix dans les endroits qu’ils aimaient. Comme elle pensait visiblement qu’il était nécessaire de préciser son raisonnement, elle a ajouté que franchement il fallait trop arrêter d’agir comme si les ressources de la planète étaient illimitées et que la croissance c’était trobien (parce que c’est plutôt mal, en fait).

(On dirait que j’invente, mais non).

Car oui Mesdames et Messieurs, la hausse des prix des loyers c’est uniquement la faute à la finance internationale sauvage (et pas à tous les bobos qui sont venus squatter les quartiers arty parce que c’était pas mal cool de vivre chez les pauvres).

Enfin, on a bien rigolé.

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Alors vous allez me dire que ça traine cette histoire d’appartement

(c’est vrai) mais cette fois-ci je dois vraiment en trouver un parce que j’ai fait la maligne et j’ai déposé mon préavis alors voilà quoi*. Du coup ces derniers jours je me suis pas mal rencardée sur l’Internet mondial pour checker les logements de Berlin de type grands beaux pas chers avec un balcon proche du métro sans vis-à-vis et qui sent la rose.

*donc si quelqu’un veut mon appartement il faut me donner un gros bakchich m’écrire un courriel électronique.

Pour être honnête, depuis que j’ai quitté la Capitale, j’aime beaucoup ça les affaires de l’immobilier locatif parce que j’ai l’impression d’avoir un pouvoir d’achat de maboule et l’embarras du choix (quand on habite dans la Capitale on prend les 4 premiers murs qu’on a, après avoir couché avec une douzaine d’agents immobiliers et photoshopé sa fiche de paye pour afficher un revenu à dix mille boules).

Du coup je fais des visites et tout, et c’est pas mal rigolo, comme hier par exemple. J’étais tranquilou en train d’attendre l’agent immobilier devant la porte du Albestr. 16 (Friedenau c’est mon nouveau quartier préféré) quand elle est arrivée fournie avec un homme-caméra, un homme-micro et une femme-investigation.

Bonjour, elle a fait, ça c’est des gens de la tévé, je les emmène avec moi pour qu’ils fassent leur reportage sur les logements à Berlin, j’espère que c’est d’accord avec toi. Moi franchement c’était plutôt d’accord parce que je dis toujours des choses très intelligentes quand je suis filmée de tout façon aucun de mes amis ne possède de tévé, en revanche c’était plutôt moyen d’accord pour qu’on se tutoie (mais je n’ai rien dit parce que je ne voulais pas avoir l’air de faire des histoires).

On est tous monté à l’appartement et là l’homme-caméra a filmé des choses très intéressantes, comme moi qui ouvre une fenêtre pour vérifier l’isolation (je ne fais jamais ça, mais j’ai pensé que ça ferait un peu d’action) et moi qui pose des questions pour savoir rapport au chauffage central et à la peinture de la cage d’escalier. Sans me vanter, j’étais plutôt bonne dans mon rôle de visiteuse d’appartement, alors c’est sûrement pour ça que la femme-investigation m’a demandée si ça me dérangerait qu’on m’interroge sur ma recherche de logement.

Ca ne me dérangeait pas trop parce que j’ai pensé qu’il était grand temps que quatre-vingt millions de schleus en connaissent un peu plus sur ma vie (c’est la moindre des choses). La femme-investigation m’a posée des questions très pertinentes, l’homme-micro il a fait rohlala c’est vraiment süss mon accent français, l’homme-caméra il a fait comme quoi c’était bien vrai, à la suite de quoi on m’a demandé mon avis sur le marché de l’immobilier à Berlin.

Alors il y a une règle de base avec moi : il ne faut jamais me demander mon avis. J’ai toujours envie de dire des choses radicales à gogo et après j’ai l’air d’une connasse (alors qu’en vrai sur la plupart des sujets, je n’ai pas vraiment d’opinion).

Du coup j’ai dit comme quoi c’était très très facile et très pas cher du tout de trouver un habitat convenable dans cette ville, et que je ne comprenais pas pourquoi les schleus ils n’arrêtaient pas se de plaindre et qu’ils feraient mieux d’aller voir comme c’est relou ailleurs au lieu de se lamenter. Après j’ai raconté que je voulais changer de quartier parce que j’en avais marre de tous ces hipsters et aussi que dans la vie j’avais surtout besoin d’un supermarché et d’un DM à proximité, et puis que s’il n’y avait pas trois cafés au mètre carré je m’en remettrai. J’ai terminé ma diatribe avec un argument percutant : de toute façon la qualité du bâtit est bien meilleure à Berlin Ouest. Il va de soi que 1) je n’en sais rien du tout et que 2) cela m’importe peu, mais c’est Cécile qui m’a dit ça l’autre jour et j’ai trouvé que ça avait l’air très intelligent et très connaisseur alors je l’ai répété pour faire mon intéressante.

Après ça, je ne sais pas si l’homme-micro trouvait toujours que mon accent était süss, mais la femme-investigation elle m’a dit merci c’est très bien avec un regard qui signifiait putain je suis tombée sur une bonne cliente.

Maman, papa ! Je vais passer pour une connasse à la tévé ! (mais ça va, ça ne me dérange pas trop).

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